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Renault et le marché américain

CC0 - Pixabay.

Tout comme Peugeot, Renault n’a jamais réussi à s’implanter sur le marché américain, du fait de la puissance de l’industrie automobile américaine et d’une mauvaise réputation de ses produits en termes de fiabilité.

Il faut savoir que le marché américain est assez difficile, où les faux pas en matière de qualité et de sécurité ne pardonnent guère.

Retour aujourd’hui sur un rêve devenu impossible.


Selon Donald Trump, et en plein guerre des tarifs douaniers avec l’Union européenne, l’Europe envoie «des Mercedes, des BMW, des Volkswagen, des Renault». Sauf que cela fait près de trente ans que Renault n’exporte plus et ne vend plus de voitures aux Etats-Unis.

L’occasion est donc là de raconter le pourquoi du comment.

1906 – La naissance d’une filliale

Présent aux États-Unis à partir de 1906, Renault ouvre ses premiers bureaux à New York et Chicago. Avec un but simple, ouvrir des points de ventes là où la demande automobile est forte. Le constructeur se focalise que sur l’importation de véhicules luxueux. À l’époque, les voitures françaises jouissaient d’une bonne réputation, en raison de nombreuses victoires en courses d’endurance.

Cependant, les ventes restent relativement faibles, avec moins de 80 voitures neuves vendues la première année.

1918 – La galère du jeune

Après la Première Guerre mondiale, Renault avait clairement du mal avec la concurrences. Principalement à cause de ses prix élevés et l’émergence du secteur des voitures de luxe, qui produiront en grande série, faisant baisser leurs coûts, comme Cadillac.

Il faut savoir qu’en 1928, les ventes aux États-Unis étaient presque nulles pour la firme au losange.

1945 – La nationalisation de l’empire

Petite parenthèse; Un an avant la fin de la seconde guerre mondiale, et après la libération de Paris, le père fondateur de l’empire industriel Renault, Louis Renault, est accusé de collaboration. Un mandat est délivré contre lui pour « atteinte à la sûreté extérieure de l’État ». Incarcérer à la prison de Fresnes, malade, il meurt un mois après son incarcération.

Trois mois après la mort de Louis Renault, une ordonnance du Gouvernement provisoire de la République française prononce la dissolution de la société Renault et sa nationalisation.

1950 – La stratégie en marche

Au lendemain de la grande guerre, la volonté de reconquérir le marché américain émerge. La société essaie principalement de se développer à travers le marché lucratif des petits véhicules économiques avec sa petite Renault Dauphine. Même si la fiabilité du modèle est douteuse, la firme veux continuer son développement aux Etats-Unis, elle propose les R8/R10, mais aussi l’Estafette.

Cependant, avec un réseau de garagistes pas assez dense, le moindre soucis mécanique devient un enfer pour les propriétaires des Renault, encore plus pour retrouver la pièce défaillante.

Malgré un bon début, Renault ne réussit pas à s’implanter dans le créneau de la petite voiture. L’activité de la société s’approche plus de celle d’un importateur que d’un constructeur.

1970 – La prise de pouvoir

Après Renault of France, puis Renault Inc, la filiale américaine change encore de nom pour « Renault USA ». Avec une collaboration avec le constructeur américain American Motors Corporation (AMC), quatrième constructeur américain à cette époque, la commercialisation des Renault va reprendre, petit à petit.

Au tournant des années 1980, AMC connaîtra de sérieuses difficultés financières, et devra s’associer avec le groupe Renault. La firme française prend un pourcentage du capital d’AMC.

1980 – La disparition d’un grand

Graduellement, la firme au losange remplace les modèles d’AMC par les siens.

En 1983, un model connaîtra même son heure de gloire, la Renault Alliance, la version destinée au marché nord-américain de la Renault 9, fabriquée par AMC, sera élue Car of the Year par le fameux magazine automobile américain Motor Trend.

L’Alliance se vend assez bien, suivront plusieurs modèles dont la Renault 18i et la Renault Fuego. Cependant, les ventes déclineront rapidement. Du fait des nombreux changements de réglementation destinés à décourager les constructeurs étrangers, et la médiocre fiabilité des composants.

A rajouter aussi, qu’en 1984, le marché européen chute, et Renault est touché de plein fouet. Finalement, en plein crise financière, l’histoire de Renault aux Etats-Unis s’arrête en 1987. La société devra céder ses parts de AMC Jeep Renault à Chrysler, faute de moyens suffisants pour redresser ses activités outre-atlantique.

Tout comme Peugeot, la firme au losange a pour projet de revenir s’implanter aux États-Unis dans les années à venir.